Festivals

Au Foin de la Rue : les 1200 petites mains bénévoles du festival

Demandez aux organisateurs de n’importe quels festivals où ils en seraient sans bénévoles, les réponses seraient unanimes : ces petites mains sont indispensables au bon déroulement de ce genre d’événements, pendant, mais également en amont.

Et le festival Au Foin de la Rue n’a pas à rougir avec son nombre incroyable de 1200 bénévoles, qui ont grandement contribué à faire en sorte que tout soit prêt lors de l’arrivée des festivaliers le JOUR J. Comment faire pour gérer tout ce beau monde sans tomber dans le bazar ?

Photo par Nicolas Merienne.

Acteurs de dynamisme et du développement


Sur ces 1200 personnes, tous ne s’impliquent évidemment pas de la même manière. Certains sont là « juste pour faire un créneau » alors que d’autres « s’impliquent toute l’année avec l’association, explique Régis Brault, que nous avions déjà rencontré pour parler de l’Accès pour Tous. Certains sont même présents au conseil d’administration». Eh oui, l’association Au Foin de la Rue n’organise pas que le festival éponyme ;  elle est à pied d’œuvre toute l’année pour mettre en place de nombreuses manifestations dans les environs de son fief, Saint-Denis-de-Gastines, comme par exemple Au Foin de la Lune, un événement musical et champêtre dont la prochaine édition se tiendra le 8 septembre, ou encore des animations dans les EHPAD et écoles du coin.

Avec tous ses événements, l’asso est soutenue de la population locale. Elle permet de faire bouger une Mayenne pas vraiment réputée pour son dynamisme, mais pas seulement. Les actions régulières de l’association permettent également de faire vivre le territoire local, voire même de le développer ! Pour #AFDLR, ancrer le festival localement est une volonté assumée et revendiquée. « Le territoire bénéficie des actions de l’association. Elle a été créée en partie pour aider les habitants des environs, s’amuser et promouvoir le vivre ensemble » assure Lôann, 21 ans, bénévole et ancien étudiant en sociologie. Cette volonté se traduit par exemple par la présence aux bars et dans les verres de bières artisanales plutôt que de grandes marques.

« L’asso a été créée pour aider les habitants, s’amuser et promouvoir le vivre-ensemble »

Lôann

Lady Bel-Air nous explique comment devenir bénévole

N'importe qui âgé d'au moins 16 ans peut devenir 
bénévole au le festival Au Foin de la Rue ! Commission
Bars,  Restauration, Gobelets, Merchandising... Il
y en a pour tous les goûts ! Les inscriptions ouvrent
à partir d'Avril, il vous suffit de remplir le
formulaire sur le site officiel du festival.

Les copains des villageois et des festivaliers


Grâce à cette ambition, #AFDLR est très apprécié de ses habitants, et ce n’était pourtant pas gagné. « On arrive, on pose des barrières partout et on fait rappliquer 16 000 festivaliers dans un village qui compte seulement 1500 habitants… On ne partait pas avec que des avantages » s’amuse Régis. Ce tour de force a des conséquences heureuses pour le festival : une affluence assez remarquable de bénévoles venant des environs plus ou moins immédiats. C’est le cas de Raphaëlle, 18 ans et originaire de Vitré. Pour elle, c’est une première en tant que bénévole. « C’est aussi la première fois que je viens au Foin de la Rue. Je suis venue avec une amie qui voulait faire du bénévolat ». Raphaëlle a eu pour mission de s’occuper du stand prévention du festival. Merlin, le responsable du stand, explique : « En résumé, notre rôle c’est de nous occuper de la prévention des risques. On parle risques sexuels, auditifs, addictifs et de ceux que font courir la consommation de drogue ou d’alcool. »

« Ce qui me plaît ici, c’est de parler de sujets sérieux dans un cadre qui ne l’est pas du tout ».

Merlin

Du haut de ses 20 ans, Merlin, mayennais de pure souche, est bénévole #AFDLR depuis cinq ans. Grâce à sa motivation et son engagement dans l’association, il siège aujourd’hui au Conseil d’Administration. Tout en continuant de prodiguer des bons conseils aux jeunes et moins jeunes de passage par son stand.« Ce qui me plaît ici c’est de parler de sujets sérieux dans un cadre qui ne l’est pas du tout. » Mais l’exercice peut-être délicat puisqu’il faut faire attention à ne pas donner de leçons. «On a tout le matériel qu’il faut ici, capotes, éthylotests… mais on ne force jamais les gens à les utiliser. Pour les éthylotests par exemple, on leur propose de souffler mais ils ne sont pas obligés ». En bref, il y a un mot d’ordre ici : la bienveillance. Avec les festivaliers, mais aussi entre bénévoles,  comme lorsque Merlin rassure Raphaëlle : « On a le droit de ne pas tout savoir. Et s’il y a des sujets avec lesquels tu ne te sens pas trop à l’aise, rien ne t’oblige à en parler, tu peux rediriger ton interlocuteur vers quelqu’un d’autre ». Cette fameuse bienveillance, c’est également la doctrine des organisateurs du Foin. « C’est un terme qui ressort souvent. On fait attention à ne pas trop tirer sur la corde avec les bénévoles, sinon ils se fatiguent et n’ont pas envie de revenir les années d’après » rapporte Régis.

Les bénévoles impliqués pour l’édition 2018, devant l’entrée du site.
Photo par Bastien Bonhoure.

Une grande famille avec de plus en plus de nouveaux-nés


En traitant les bénévoles de cette manière, #AFDLR s’assure aussi qu’ils parlent en bien de l’organisation, pour rameuter d’autres volontaires. Comme Raphaëlle justement :  «Avec mon amie, on a entendu beaucoup de bien de ce festival, que l’ambiance entre les bénévoles était très bonne. Je ne suis pas déçue.» Elle n’est pas la seule, car l’envie de vivre cette expérience attire des volontaires de tous les âges… « C’est très intergénérationnel, nous dit Régis, notre bénévole le plus vieux a 73 ans, le plus jeune 16 » mais aussi de toutes les catégories socio-professionnelles : « On retrouve des gens de plein d’univers différents, s’enthousiasme Lôann. Des étudiants bien sûr, mais aussi des cadres par exemple ».

L’avantage d’une telle mixité, c’est qu’elle permet une transmission des savoir-faire, comme l’explique Régis :  « L’équipe qui s’occupe de monter le chapiteau le fait depuis des années. Pour diverses raisons, ils doivent arrêter mais ils ont formé des jeunes pour les remplacer. » Des propos que tient aussi Merlin : « Les bénévoles font le boulot des pros. Ça peut nous permettre d’apprendre ». Si au départ, les volontaires venaient surtout des environs même du festival, sa réputation flatteuse commence à se faire connaître en dehors des frontières de la Mayenne. « Cette année, il y a deux filles qui viennent de Rouen. Elles voulaient être bénévoles, se sont renseignées et ont été séduites par notre gestion des volontaires » se félicite Régis.

« C’est très intergénérationnel, notre bénévole le plus vieux a 73 ans, le plus jeune 16 ! »

Régis

On pense qu’au final, #AFDLR ne serait pas pareil sans cet état d’esprit, cette « ambiance familiale » qu’évoque Lôann. Et si pour certains ce festival n’est qu’un prétexte pour s’enfiler des bières, d’autres le voient comme une véritable expérience de vie. C’est justement ce qu’il dit en conclusion : « Ce festival, c’est une bulle, une autre vision de la société. »

Merci beaucoup à Wilhem, ainsi qu’à tous les bénévoles du festival, ceux que nous avons rencontré et ceux que nous ne connaissons pas. C’est certain, sans vous #AFDLR ne serait vraiment pas la même chose !
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