Interviews

Au Foin de la Rue : rencontre avec le groupe de reggae/hip-hop Jahneration

#AUFOINDELARUE. Nous avons eu la chance de rencontrer dans les backstages du festival le génial groupe Jahneration, qui, bingo, a gentiment accepté de se laisser interviewer !

Posée sur des canapés avec les deux chanteurs Ogach et Théo, j’ai pu en apprendre un peu plus sur ce jeune groupe qui mélange reggae et hip-hop pour en faire un mix bien à eux, mais qui fonctionne ! Après des dates en Jamaïque, en Inde, ou encore à la Réunion, Jahneration se consacre à une colossale tournée estivale où il va visiter pas moins de 20 festivals dans toute la France. Bon, je vais essayer de ne pas trop montrer que je suis hystériquement fan d’eux dans cet article.

Salut les gars ! Pour commencer, comme ça va ?

Ogach : ça va très bien ! On est arrivés vendredi, on est sur un joli week-end et on va terminer avec le Foin de la Rue, donc c’est parfait.

Est-ce que vous pourriez commencer par vous présenter ?

Ogach : Nous sommes les deux chanteurs qui ont créé ce groupe, Jahneration, il y a maintenant une petite dizaine d’années. Cela fait trois qu’on fait ça de manière professionnelle avec un groupe, on est 6 sur scène et 11 dans l’équipe maintenant. On fait essentiellement du reggae/hip-hop, avec d’autres mélanges de musique parfois. On a sorti un album (JAHNERATION, en 2016, ndlr) et cet été comme l’été dernier, on est sur la route. Encore pour quelques temps on espère.

Quel âge avez-vous ?

Théo : 25 ans tous les deux !

Pourquoi avez-vous décidé de vous appeler « Jahneration » ?

Théo : Quand on a commencé Jahneration, en 2008 ou 2009, on a vraiment découvert notre passion pour le reggae à travers du reggae jamaïcain, qui était bien sûr imprégné de la culture rasta, et on trouvait ça totalement normal d’intégrer un petit clin d’œil à cette culture-là (Jah signifie « Dieu » en langue rastafari, ndlr). On voulait aussi proposer un reggae avec ses propres codes, faire quelque chose de nouveau, sans vraiment être une révolution non plus, mais en tout cas s’approprier cette musique.

« On voulait proposer un reggae avec ses propres codes, faire quelque chose de nouveau »

Théo

Et comment avez-vous fait pour vous approprier le reggae ?

Théo : En le mélangeant avec du hip-hop, mais aussi avec d’autres choses, de l’électro par exemple ; on s’est aussi inspiré de l’énergie du rock en live.

Ogach : On a plein d’influences musicales diverses, parce qu’à la base on ne vient pas vraiment du reggae ; c’était assez naturel de faire une musique qui nous correspond avec plein de styles différents dedans.

Et justement, si vous deviez donner les noms de quelques unes de vos influences ?

Ogach : Franchement… il y a Damian Marley, Sum 41… un peu de tout quoi !

Théo : Nas, du hip-hop, il y a plein de choses. Beaucoup de reggae jamaïcain évidemment, du roots à ce qu’il se fait maintenant. Du reggae américain aussi, du rock des années 2000…

Comment avez-vous découvert le reggae ?

Ogach : Il y a eu un déclic assez important quand même : c’est quand on était à l’espace jeunes au lycée, il y avait un des animateurs qui était un artiste de reggae français et qui nous a pas mal expliqué comment ça se passait un peu dans ce milieu. C’est aussi à ce moment-là qu’on switchait du rock et qu’on commençait à s’intéresser à d’autres trucs.

Ce sont les valeurs rastafaris qui vont ont poussé vers le reggae ou l’inverse ?

Ogach : Un peu des deux je pense, la musique c’est quelque chose qui te prend de toutes façon, parce qu’il y a un rythme, une espèce de transe dans le reggae. C’est hyper envoûtant, et très intéressant.

Théo : Et quand tu entends « Rastafari, Rastafari » à la fin des morceaux, ça aiguise forcément ta curiosité et tu commences à te renseigner.

Ogach : On a vu après que ça faisait passer des messages qui sont vraiment positifs, fédérateurs, et on s’est dit « Wouah mais c’est trop beau ce message, il faut absolument qu’on soutienne et qu’on fasse un truc qui s’en rapproche ».

Vous avez voulu faire du reggae dès le commencement de votre groupe  ?

Théo : Au début, à la première répet’, on voulait faire de la musique et on a fait du punk, mais bon, c’était un peu un échec. On en avait marre, on voulait changer.

« Le reggae fait passer des messages vraiment positifs et fédérateurs »

Ogach

Vous faites partie de cette nouvelle génération qui a percé grâce aux réseaux sociaux, pensez-vous que vous auriez eu le même succès sans  ?

Théo : Je pense que ça a eu une grosse importance, c’est ce qui nous a mis un peu le pied à l’étrier. On a commencé à se faire un public comme ça et ça nous a donné envie de répondre à ce public par le live. Il y a peu de médias nationaux ou locaux qui s’intéressent au reggae, ça permet de faire du bouche à oreille, et même de chiader notre communication et de trouver toujours des nouveaux concepts pour pouvoir faire un peu mieux.

Ogach : Grâce aux réseaux sociaux, les gens sont notre seul média ; Internet, c’est un des tuyaux pour attraper de nouvelles personnes. Il y a évidemment le live, mais c’est aussi par Internet. Ça a été une grande force et c’est toujours une grande force aujourd’hui.

Théo : Il y a tout un secteur, une tranche de notre public qui va trouver agréable qu’on communique de manière assez soutenue. Le problème, c’est que ça donne des cernes, on fait 50% de communication et 50% d’artistique.

Ogach : On fait toute la comm’ nous-mêmes. On y met un point d’honneur parce que ça nous intéresse et c’est toujours mieux quand la communication est authentique.

Il faut quelles qualités pour avoir du succès sur les réseaux sociaux  ?

Théo : Il faut proposer quelque chose de différent je pense, d’accrocheur, avec une certaine personnalité. Il faut trouver des trucs qui surprennent les gens.

Ogach : Il faut aussi être vrai et authentique, ou alors si tu ne l’es pas, avoir un sacré concept et être un personnage à part et un bon acteur.

Micsession n°7 feat. Yaniss Odua

Vous faites beaucoup de micsession, qu’est-ce qui vous a attiré dans ce format  ?

Théo : C’est un concept, qui n’est pas révolutionnaire mais que les gens ont trouvé assez novateur, donc ils ont accroché. De notre côté, ça nous a permis de parler de nous, de travailler sur les textes, parce qu’on fait tous les textes nous-mêmes, sur la production, de se faire un réseau en terme de business d’ingénieur son aussi, de management… Ça nous a beaucoup servi.

Dame Jaune, c'est quoi les micsession ?

Les micsession sont disponibles sur la chaîne YouTube de Jahneration : des chansons enregistrées en face cam et en featuring avec plusieurs artistes de la scène reggae française, comme Dub Inc ou Volodia. Les 9 micsession ont été rassemblées dans un album en 2018.

Ça vous intéresserait de passer dans les médias mainstream maintenant ou les réseaux sociaux vous plaisent suffisamment pour ne pas en ressentir le besoin  ?

Théo : Tout média est bon à prendre, je pense que ce serait une belle récompense pour la musique qu’on fait de passer sur les journaux nationaux ou autres. C’est une musique qui n’est pas très représentée, donc effectivement ça serait cool de pouvoir le faire.

Et vous n’avez pas peur que ces médias, et en particulier les médias audiovisuels, ne voient pas le message que vous essayez de faire passer (comme ça a pu arriver avec d’autres artistes) ?

Théo : C’est vrai que les médias traditionnels parlent plus à la ménagère de 50 ans, ils jouent des clichés à fond et c’est pas très agréable pour l’invité… Je pense que ce serait hyper intéressant d’être confronté à ce genre d’intervieweur, justement pour essayer de contrecarrer les idées reçues. Mais c’est très dur comme exercice !

Vous avez signé avec un label en 2015, ça a changé beaucoup de choses dans votre projet  ?

Théo : Ça a tout changé.

Ogach : Cette signature a développé le projet de manière significative. Ils ont tout débloqué. C’est à partir de ce moment-là qu’on a commencé à faire vraiment des concerts.

Si vous deviez proposer une chanson pour vous découvrir, ça serait laquelle ?

Ogach : Les deux qui me viennent en tête sont malheureusement des featurings. Soit Control Your Tempa avec Naâman, parce que c’est le son le plus écouté de l’album, soit celle avec Danakil, la Mic Session numéro 2, Family.

Théo : Ou sinon BadMinds, pour le mélange reggae / hip-hop !

Notre TOP 5 des chansons de Jahneration par Mademoiselle Adèle

1. Reload, sur l’album JAHNERATION
2. Control Your Tempa, sur l’album JAHNERATION
3. Rise We Up, sur l’album MIC SESSION
4. Only
5. Run Away, sur l’album JAHNERATION

Merci beaucoup à Wilhem, ainsi qu’au festival Au Foin de la Rue pour avoir organisé la rencontre. Merci évidemment à Ogach et Théo et à la gentillesse de toute leur équipe technique !
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