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Pourquoi et comment devenir végétarien ?

Je suis végétarienne. C’est-à-dire que je refuse, de mon plein gré, de manger des morceaux d’animaux morts.

Voilà, maintenant que c’est dit et que je vous ai bien mis dans l’ambiance, laissez-moi vous expliquer pourquoi  j’ai choisi d’adopter ce style de vie, en 2018, en Occident. Être végétarien, c’est avant tout le résultat d’une prise de conscience douloureuse sur la manière dont sont traités les animaux destinés à être mangés, les animaux dits d’élevage, comme les bovins (4 700 000 abattus chaque année en France), les cochons (25 millions chaque année), les lapins (60 millions) mais aussi les poulets (700 millions), que ce soit à l’abattoir ou dans leurs conditions de vie. Bref, c’est au massacre annuel de 1,1 milliards d’êtres vivants innocents pour un simple plaisir gustatif, auquel j’ai finalement, après un parcours semé d’embuches et de concessions, renoncé. Être végétarien, c’est être en paix avec soi-même et, je vous rassure, ce n’est finalement pas si compliqué que ça. Si vous le voulez bien, avec l’aide des Petites Chroniqueuses, je suis prête à vous livrer tous mes conseils et astuces pour que petit à petit, progressivement et à votre rythme, vous découvriez vous aussi toutes les joies du régime veggie.

Mademoiselle Adèle : "Décidément, j'adore appliquer des étapes !"

► Pourquoi devenir végétarien quand on aime les 
animaux ?
► Quelles autres raisons pour devenir végétarien ?
► Comment réussir à devenir végétarien ?

En plus tout le long de l’article je vais semer plein de magnifiques photos d’aliments sans aucunes trace de viande pour vous prouver que, wouah, les fruits et les légumes en fait c’est vachement (sans mauvais jeu de mots) stylé.

Pourquoi devenir végétarien quand on aime les animaux ?


Naître animal dans un élevage aujourd’hui, ça n’a vraiment rien de fun, malgré ce que les publicitaires veulent nous faire croire en nous montrant les petits agneaux de Charal gambader dans des prés verdoyants. L’association 269 Life France parle carrément « d’Holocauste animal » : et c’est vrai, quand on constate qu’en France par exemple, 95% des porcs grandissent en élevages intensifs, dans des bâtiments surpeuplés, sur caillebotis et sans jamais pouvoir sortir, avant d’être envoyés à l’âge de 6 mois seulement à l’abattoir, où ils seront gazés au CO2 (ce qui, pas besoin de le préciser je pense, est une mise à mort extrêmement douloureuse).

Dame Jaune nous explique ce qu'est un caillebotis

En plastique ou en béton, parfois en bois ou en 
métal, le caillebotis est un sol creusé de larges
fentes qui servent à évacuer les déjections. C'est
extrêmement inconfortable pour les animaux qui
marchent et dorment dessus, et pourtant c'est un
système qui remplace presque automatiquement le sol
de paille, car plus économique...

Une autre triste réalité à savoir, c’est qu’on ne mange presque que des bébés. La grande majorité des animaux envoyés à l’abattoir pour atterrir dans nos barquettes de jambon sous vide n’ont même pas encore fini leur croissance. Les bovins par exemple, qui sont abattus à l’âge de 1 ou 2 ans, alors qu’ils peuvent normalement vivre jusqu’à 20 ans ! Et ne parlons même pas des poulets, qui, en plus d’être shootés aux antibiotiques pour avoir des gains de croissance plus que disproportionnés, meurent au bout d’à peine 6 semaines – contre  8 ans dans la nature.

Grâce à l’association L214, nous avons pu découvrir, et nous découvrons encore, les horreurs de l’élevage intensif et de l’abattage en France. Bon nombre de mes potes végétariens le sont devenus après avoir visionné des reportages L214. Ça a été le choc, le réveil. Alors je suis désolée mes chers lecteurs, mais aujourd’hui c’est à vous que je propose de passer à la casserole… Parce que rien ne vaudra mieux que des images, que c’est la réalité, que ça se passe maintenant, ci-dessous vous trouverez trois vidéos qui, si vous avez le courage de cliquer dessus, deviendront le meilleur booster de votre transition végétarienne. On se retrouve après.

Quelles autres raisons pour devenir végétarien ?


 « Mais BOUDIOU ! Ce que je viens de vous montrer ça devrait être LA raison NUMÉRO 1 pour arrêter de manger de la viande !!! » est en train de hurler Dame Jaune. Ne vous inquiétez pas, moi je suis une vegan gentille et j’arrive à comprendre qu’à certaines personnes il faille des raisons plus « pragmatiques » que des porcelets qui se font étouffer sous le corps de leur mère (hum). Et j’en ai un tas d’autres de bonnes raisons, croyez-moi : 

Ne plus manger de viande peut contribuer à réduire la famine dans le monde

Chaque année dans le monde, plus de 10 millions d’individus, adultes et enfants confondus, meurent de faim (ou à cause de maladies liées à la malnutrition). En revanche, aucun animal d’élevage n’est jamais mort de faim sur cette planète. La raison en est toute simple : au lieu de cultiver la terre pour lui, l’Homme a décidé depuis quelques temps de la cultiver pour nourrir son bétail.

Des statistiques effrayantes avec Miss Peggy

760 millions de tonnes sont utilisées chaque année 
comme nourriture pour les animaux de ferme. Une telle
quantité redistribuée aux populations permettrait
de résoudre 14 fois le problème de faim dans le monde.

Jens Holm, membre Suédois du Parlement Européen, a lui-même affirmé que l’action la plus utile, c’est-à-dire celle qui pourrait avoir un impact direct et mesurable, serait que les populations occidentales commencent à réduire drastiquement leur consommation de viande. Cela dans l’objectif de créer un surplus de récoltes qui pourrait donc aider les gens mourant de faim. Des propos soutenus par le journaliste d’investigation George Monbiot, qui nous explique que la demande de viande par les plus riches augmente le prix des céréales, les rendant ainsi inatteignables par les plus pauvres.

Ne plus manger de viande fait du bien à la planète

  • Par rapport à la pollution, premièrement

L’élevage est estimé responsable de 14,5% des émissions de gaz à effets de serre – c’est-à-dire plus polluant encore que les transports ! On connaît tou(te)s la fameuse vanne lâchée par Tonton Jackie aux repas de famille, entre le plat et le dessert : « Moi je mange les vaches qui font le méthane alors que toi tu manges les plantes qui font l’oxygène ». LOL MDR, il a pas tort le tonton, c’est un peu ça en vérité ; ne pas manger de vaches, ça veut dire ne pas les élever, ça veut dire ne pas voir se relâcher leurs gros pets gazeux dans la couche d’ozone. On applaudira ma poésie.

  • Par rapport à l’eau, deuxièmement

J’adore les chiffres. Je les trouve tellement parlants, ce qui est paradoxalement rigolo. Voyez plutôt par vous-même : 15 000 litres d’eau sont nécessaires pour produire 1 petit kilo de viande ; alors que seulement 800 litres d’eau sont nécessaires pour produire 1 petit kilo de blé. Sans oublier que la pollution engendrée par l’élevage a la fâcheuse tendance de se répandre dans nos fleuves et nos cours d’eaux, d’où le phénomène des nitrates et des algues vertes en Bretagne.

  • Par rapport à l’espace, troisièmement

La forêt Amazonienne, le poumon du monde, est chaque jour un peu plus assassinée par l’urbanisation. 80% des surfaces d’arbres qui y sont rasées le sont pour l’exploitation agricole. Eh oui, l’élevage, ça prend beaucoup de place. Pour produire un kilo de viande de bœuf, il faudra 323m², alors que du riz prendra seulement 17m². Pour produire un kilo de viande de cochon, il faudra 55m², alors que des pommes de terre prendront seulement 6m². A vous de choisir, si demain vous décidez d’ouvrir votre propre ferme : préférez-vous réserver votre demi-hectare de terre à faire pousser du soja, qui sera capable de nourrir une soixantaine de personnes, ou à élever de pauvres animaux, qui ne pourront eux nourrir que deux personnes ? (source : veg.ca)

Ne plus manger de viande,  c’est bon pour votre santé !

Bah oui, tout le monde a déjà oublié l’étude qui prouvait que la viande était un aliment cancérogène ? Sans oublier bien sûr toutes les maladies directement liées à la (sur)consommation de viande, comme les maladies cardiovasculaires, le diabète, le cholestérol… Pourquoi manger de méchants aliments alors que les gentils légumes ont l’avantage d’être des protecteurs naturels contre toutes les maladies précédemment évoquées, et même contre le cancer colorectal ? « Mais ouiiiii, mais tu ne te rends pas cooooompte, si tu ne manges plus d’animôôôô, tu vas être toute carencééééééé » (j’avoue je ne sais pas qui j’imite, mais j’arrive bien à me représenter ce moralisateur qui a comme seul lien avec la médecine son bac S mention Assez Bien). Pour information, la principale carence « reprochée » aux végétariens (et aux vegans), c’est celle de la vitamine B12, que l’on trouve dans les protéines d’origine animale. Sauf que, bande d’innocents naïfs, la B12, elle est pas naturelle chez les animaux, hein. C’est le gentil éleveur qui a pris le temps de mettre des pilules de B12 dans la bouffe de ses porcs et autres volailles OGMisées, pour que tu puisses la retrouver dans ton assiette puis dans ton corps après avoir mangé ce bon steak Bigard abattu dans des conditions sanitaires ignobles. Conclusion, quel que soit ton régime alimentaire, s’il n’y avait pas quelqu’un à un moment pour te rajouter ni vu ni connu des vitamines dans ton système de consommation, tu serais carencé toi aussi.

Comment réussir à devenir végétarien ?


Voilà, après cette amphi chiant sur la théorie, nous allons pouvoir passer en salle de TD, et enchaîner sur la pratique ! Je ne vais pas vous mentir, j’ai mis quasiment un an à devenir végétarienne. Et il y a encore des moments où je n’arrive pas vraiment à me considérer comme telle, mais plutôt flexitarienne, c’est-à-dire qui mange de la viande en de très rares occasions. Cependant j’estime mes connaissances suffisantes pour pouvoir vous amener correctement le sujet, à vous, lecteurs  curieux et soucieux de l’environnement que j’aime d’amour.

Commencez avec des petits défis personnels

C’est un bon moyen de se rendre compte de l’impact que va avoir ce nouveau régime sur votre quotidien. Par exemple : « Je me fais une semaine sans viande ! » ou « Ce midi pendant la pause-déjeuner, au lieu d’un sandwich jambon-beurre, je fais l’effort d’acheter une salade ».

Fixez-vous des étapes

Mademoiselle Adèle confirme, c’est le plus pratique pour ne pas se noyer dès le début. On ne vous demande pas de devenir végétarien du jour au lendemain (déjà que vous faites l’effort de franchir le cap, c’est bien suffisant !). Ce qui a marché pour moi, c’est d’avancer étape par étape, par exemple :

  • Étape n°1 : je ne mange plus de bébés animaux
    Fini l’agneau à Pâques, les blanquettes de veau, et les nuggets, qui ne sont rien de plus qu’un amas de poussins broyés. Tuer des bébés, c’est ce qu’il y a de plus barbare, quelle que soit l’espèce !
  • Étape n°2 : je ne mange plus de viande rouge
    Cette étape est dure à franchir quand on est habitués aux hamburgers du McDo, aux steaks hachés/pâtes les veilles de partiel… Mais les vaches vous diront merci.
  • Étape n°3 : je ne mange plus de viande blanche
    J’entends par là le poulet et la volaille, donc on se dit que le poulet rôti de mamie de dimanche c’était bel et le bien dernier (mais ne vous en faites pas, il existe des alternatives tout aussi délicieuses !)
  • Étape n°4 : je ne mange plus de poisson
    Pour certains c’est facile, pour d’autres non… Commencez d’abord par vous passer du poisson pané, puis ensuite des plats plus élaborés. Pour rappel, les poissons sont les animaux les plus massacrés dans le monde (pas de chiffres officiels en nombre individus, mais plus de 91,6 millions de tonnes d’animaux marins pêchés annuellement)
  • Étape n°5 : je ne mange plus de charcuterie
    Et voilà, c’est presque fini. Vous n’avez plus qu’à enlever cette tranche de jambon blanc de votre sandwich du midi et refuser le saucisson pendant les apéros entre amis… Félicitations, vous êtes un véritable justicier de la planète !

Vous n’aimez pas les légumes ?

Pas de panique ! Le soja est votre nouvel ami ! (à condition qu’il soit produit en France bien sûr, on n’a pas appris à réduire la déforestation de Bornéo pour faire la même avec l’Amazonie). Il existe une foule de marques spécialisées dans le veggie ; même les grands distributeurs de viande actuels, conscients que la population végétarienne possède un potentiel plutôt intéressant à exploiter, s’est mise à ouvrir des branches spécialisées dans l’alternative végétale. Steaks de soja, dés de tofu, nuggets de blé… Ça ressemble à de la viande mais ça n’en est pas ! Mon petit péché mignon : les émincés de blé et de soja de la marque Cereal Bio. Le goût est quasiment le même que celui du poulet !

Expérimentez !

L’avantage de la cuisine végétarienne, c’est qu’on perd l’habitude du repas basique (viande + accompagnement). Vous pouvez dorénavant mettre 1, 2, ou 3 accompagnements, quelle importance ? Il existe plusieurs livres de cuisines végétarienne, notamment des recettes qui reprennent des plats communs en les adaptant sans viande ; mais le plus rigolo, c’est encore d’innover par vous-même, et de découvrir des mariages originaux et plein de saveurs entre des betteraves et du quinoa, ou entre des poivrons et des pousses de soja, avec à côté un petit bol de riz au curry – le secret pour une explosion de goûts et de sens réside dans la sauce et les épices !

Quelques livres de recettes qualitativement fameux :

Madame Kris nous met en garde :

Surtout, ne tombez pas dans le piège d'acheter par 
exemple un sandwich avec de la viande et de la
retirer au dernier moment pour manger le sandwich
nature. Certes, vous respectez ainsi vos convictions,
mais le sandwich a été acheté, ce qui envoie comme
signal à la marque que la viande a été consommée ;
par le régime végétarien, on cherche aussi à faire
un doigt d'honneur à l'industrie de la viande et à
faire baisser sa consommation dans notre pays,
donc s'il y a achat, il y a production.

D’autres petites astuces consistent en le fait de faire la transition accompagné, avec un ami, un membre de votre famille, ou votre compagne/compagnon ; s’encourager l’un l’autre pour ne pas décrocher, et mettre vos découvertes en commun ! Mais surtout n’oubliez pas que chaque petit geste compte, et que ce qui peut vous paraître insupportable comme effort retentit sur la vie de plusieurs dizaines voir centaines d’animaux qui n’ont rien demandé à personne. C’est quand même plutôt cool d’avoir bonne conscience, non ?

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